samedi 22 juin 2013

Les Cappuccini-Palermo-Die Kapuzinergruft. Volet Nr. 4

 
Les Cappuccini -Palermo-Die Kapuzinergruft Volet Nr. 4 
Palermo, il giorno che la vidi per la prima volta... Volet Nr. 4
 





 
 
Aus der Kapuzinergruft in Palermo
 
 
Hallo!
Ihr Lieben.
Lasst euch
Einbalsamieren!
Wollt ihr sein
Immer fort…
Hier im Leben
Oder Dort!
.
Man trocknet euren Körper aus,
Bis ihr dünn wie eine Maus.
Die Chemie macht den Rest,
Wenn ihr trocken und aufrecht
In besten Kleider da nun steht
Und aus Euren Glotzen späht.
.
Auf Besuch kommt die Familie,
Erzählt euch Neues, näht einen Knopf,
Kämmt euch die Haare auf dem Schopf.
Zupft den Strohalm aus der Hose
Putzt die Schuhe… Glanz aus Dose.
Dankbar werdet ihr dann lächeln,
Etwas schräg an der Wand,
Wenn sie schütteln euch zum Abschied
Herzlich noch einmal die Hand.
.
Dann gehen sie und kommen wieder;
Einmal werden sie auch bleiben
Und mit euch das Schicksal teilen…
 


Annexe ;
 
Vous voulez être conservé après votre trépas ? Alors… laissez votre corps aux mains d’un embaumeur qui le dépouille de ses viscères et le fait sécher ensuite pendant quelques mois au cloître sur des briques consentantes.  Après cette opération on vous rhabille avec vos plus beaux vêtements, et on vous conduit aux Cappuccini… épinglée sur votre poitrine, vous porterez  une étiquette indiquant votre nom, l’adresse et la date de votre décès… Cela permettra  à vos chers de vous  reconnaître encore longtemps après que le temps aura fait son œuvre, et les mites, repues de vos vêtements se sont engraissées. Rien de grave tout cela… Vous garderez votre chapeau et votre sourire pour l’éternité…

Stupeur générale…
 
 
OH… que cela a l’air cruel !
Ils sont debout où couchés.
Les belles momies desséchées.
Dans une clarté aveuglante
Dont l’ombre déjà l’âme hante.
 
 
La tête inclinée aux orbites creuses,
Le regard tourné vers  l’intérieur,
Pour bien marquer que tout se meurt.
Le crâne  rasé bien net, sans un poil,
Où brillent leurs pensées abyssales…
 
Le corps est pris dans ses habits
Qu’il portait déjà pendant la  vie.
Les femmes, charmantes, ne renoncent jamais
Toujours coquettes avec des roses séchées…
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Une robe flétrie, un chapeau garni
De dentelles fines, à peine fleuries…
Le geste pale ornementale,
Indique encore l’amant vassal.
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Une main tremble, perd son bouquet,
Un fil de fer à peine le retient.
À force de vivre dans l’au-delà,
La bouche se tord douloureusement.
 
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Parfois un sourire illumine le visage,
C’est sûrement de celui qui ne fut pas sage…
Il pense aux aventures qui lui manquent,
Et de jolies femmes qui encore le hantent ;
Qu’autrefois il possédait et chérissait,
Et que plein d’extase il embrassait.
L’amour  fut sa vie entière…
Maintenant il est sous la terre.






 
C’est dimanche, la famille vient
Leur rendre visite à toutes ses chairs
Et leur raconte des nouvelles ;
Un bouton à la veste est recousu,
Un poil sur le crâne repoussé.
Le costume brossé et raccommodé.
Les chaussures cirées et astiquées.
Ainsi le mort affronte le temps
Sous un aspect fort élégant…
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La visite donne faim et soif aussi,
Même si l’on pleure ou que l’on rit !
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Le panier du pique-nique vite déballé.
Adultes et enfants ont toujours faim
Pendant la visite de leurs morts,
Parents des trépassés
À la paille arraché…
La tête inclinée, comme souriant,
Les bras ballotant, les jambes flottants.
De jour comme de nuit bien accrochés,
Ou dans des caisses allongés,
Ils rêvent d’une vie noire qu’avant,
Ou le contraire… justement.

 
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Les Capucini sont célèbres,
Ils attendent votre visite
Pendant qu’ils se tordent
Et redressent leurs vertèbres…
Esquissant un sourire pour vous accueillir,
Époussetez leur froc gris costume,
Pour être net et pimpant,
Ils se tiennent droits pour vous saluer
Et pour vos compliments vous remercier !
 





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Ne partez pas sans dire au revoir
Vous reviendrez, le jour viendra.
Ce sera une fête bien éternelle,
Plutôt dans la joie et sans querelle.
Sagement aligné, vous obtempérez
Dans cette longue et drôle allée.
Vous seriez raide et souriant,
Et dieu sera votre seul amant…
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Œil von Lynx -Palermo chez les Capucini 22 juin 2013

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